2010

Top 10 des directeurs généraux !

25 mars 2010

La date limite des transactions est maintenant chose du passé dans la LNH. Juste avant celle-ci, Hockey Le Magazine a demandé à ses experts de dresser la liste des 10 meilleurs directeurs généraux du circuit Bettman, un palmarès dominé par le grand manitou des Red Wings de Detroit, Ken Holland. Celui-ci a coiffé au fil d'arrivée un autre fin renard, Lou Lamoriello, des Devils du New Jersey.

Raphaël Doucet

 Holland a été un choix unanime de nos experts Dany Dubé, Mathias Brunet, Louis Jean, Pierre Ladouceur et James Murphy.

Tout comme l'a été Lou Lamoriello au deuxième rang, lui qui, comme Holland, a su s'ajuster à la « nouvelle » Ligue nationale afin de mettre saison après saison une équipe redoutable sur la glace.

En troisième position se trouve un DG à l'image de son équipe : méconnu, mais qui obtient chaque année de bons résultats, soit Darcy Regier, des Sabres de Buffalo.

Les coffres ne sont pas remplis à Buffalo (14e masse salariale de la LNH), mais l'équipe bataille tout de même pour le premier rang de la division Nord-Est cette saison.

Doug Wilson occupe quant à lui la quatrième position, bien que ses Sharks n'aient pas encore répondu aux attentes en séries éliminatoires après des saisons de domination lors du calendrier régulier. Wilson est néanmoins celui qui est responsable de l'arrivée des Thornton, Boyle, Vlasic et compagnie en Californie.

Holland, Lamoriello, Regier et Wilson sont d'ailleurs les quatre seuls DG à avoir vu leur nom être inscrit sur chaque bulletin de vote de nos experts.

Shero y est

 Dean Lombardi, des Kings (5e), George McPhee, des Capitals (É-6e), et Don Maloney, des Coyotes (9e) ont de leur côté obtenu quatre votes chacun. Lombardi et McPhee ont été ignorés par Pierre Ladouceur, tandis que Mathias Brunet a levé le nez sur Maloney.Ont complété notre top 10 : Ray Shero, des Penguins champions de la coupe Stanley en 2009 (É-6e), Peter Chiarelli, qui a transformé les Bruins depuis plus de trois ans (8e), et Jim Rutherford, qui a aidé les Hurricanes à remporter la coupe Stanley en 2006 (10e).

Découvrez maintenant les choix de chacun de nos experts ! Bon top 10 !

Dany Dubé, CKAC Sports

 Les deux ténors...

Voici les critères que j'ai utilisés pour bâtir mon top 10 directeurs généraux.

 Au départ, ce sont les chiffres qui parlent. Je me suis attardé au dossier des trois dernières saisons de chaque organisation : leur participation aux séries éliminatoires, le nombre de points récoltés en saison et, bien sûr, le rendement en éliminatoires. J'ai ensuite regardé le travail de chacun des DG au niveau des transactions et de l'acquisition de joueurs sur le marché de l'autonomie et, enfin, la qualité du repêchage en fonction du rang de sélection de chacun.

 Les résultats sont intéressants ! Les voici :

 1. Ken Holland, Detroit.

 2. Lou Lamoriello, New Jersey.

 3. Ray Shero, Pittsburgh : Il a procédé à un changement d'entraîneur, a fait l'acquisition de joueurs comme Guerin et Kunitz avant de gagner la coupe Stanley. Il a consolidé ses troupes avec les contrats de Fleury, Crosby, Malkin, Staal et Orpik.

 4. Doug Wilson, San Jose : En quatre saisons à la tête de l'équipe, il a fait l'embauche de l'entraîneur Todd McLellan et a repêché plusieurs bons jeunes joueurs comme Vlasic et Setoguchi. Il a aussi fait des acquisitions importantes comme celles du défenseur Dan Boyle et de l'attaquant Dany Heatley. Quatre saisons de 100 points viennent couronner son travail. En fait, Wilson et son équipe sont toujours à la conquête du couronnement ultime, la conquête d'une première coupe Stanley, et ça pourrait bien être cette saison !

 5. Darcy Regier, Buffalo : L'un des plus anciens après un règne de 13 saisons. Une finale de la Coupe Stanley en 1999, contre Dallas, et deux finales d'association en 2006 et 2007 représentent les grands faits d'armes de cette organisation sous le règne de Regier. Il est reconnu pour sa stabilité et la qualité de son repêchage. Cette organisation continue de faire partie des équipes qui réussissent à faire beaucoup avec peu sur le plan financier.

 6. Dean Lombardi, Los Angeles : Il fait un travail colossal avec une organisation qui n'avait pas de direction. Après deux saisons difficiles, il a procédé à un changement d'entraîneur en embauchant Terry Murray. Ensuite, il a entouré ses jeunes joueurs de talent par de bons vétérans tels Ryan Smyth et Jarret Stoll. Son équipe a maintenant beaucoup plus de profondeur et de caractère.

 7. Bryan Murray, Ottawa : Malgré plusieurs difficultés, il a manoeuvré de façon magistrale dans le dossier Dany Heatley. Le travail de ses dépisteurs lui permet de bénéficier d'une profondeur inestimable dans le contexte financier des Sénateurs. Comme Lombardi, Murray est un bon évaluateur de talent.

 8. George McPhee, Washington : Il est à la barre des Capitals depuis 11 ans. L'ascension de son équipe coïncide avec l'arrivée des Ovechkin, Semin, Green et Backstrom, mais également de l'entraîneur Bruce Boudreau. Depuis deux ans, les Capitals sont en progression constante. C'est cependant en séries éliminatoires que l'équipe de George McPhee lui donnera raison. Pour y arriver, il devra améliorer sa défense pour le dernier droit de la saison !

 9. Brian Burke, Toronto : Il est prévisible comme un bulldozer ! Son approche est simple : ses équipes sont lourdes et pratiquent un style de jeu robuste. Il bâtit à partir de la défense. Les dernières acquisitions de Giguère et Phaneuf combinées à celles de Beauchemin, Kessel et Komisarek jettent les bases des Leafs de Brian Burke.

 10. Don Maloney, Phoenix : Son arrivée coïncide avec le départ de Wayne Gretzky et les succès de l'équipe ! L'embauche de Dave Tippett et du nouveau groupe d'entraîneurs représente la première étape du succès de son équipe dans le futur.

Mathias Brunet, La Presse


Wilson derrière les deux grands

Lou Lamoriello, des Devils, et Ken Holland, des Red Wings, sont dans une classe à part parmi les DG de la LNH. Pour leur longévité, pour leur succès, pour la stabilité de leur organisation, ils viennent clairement en tête de ma liste des 10 meilleurs directeurs généraux.

 L'actuel DG des Devils, Lamoriello, est en poste depuis 1987. Sous son règne, les Devils ont raté les séries éliminatoires seulement deux fois et ont remporté trois des quatre finales de la Coupe Stanley auxquelles ils ont participé. Ils ont bien sûr pu compter sur un gardien de but de premier plan, Martin Brodeur, mais n'est-ce pas les hommes de Lamoriello qui l'ont repêché ?

 On parle de stabilité : l'identité des Devils a toujours été claire et n'a jamais été modifiée (ou si peu) au fil des années, malgré des changements d'entraîneurs.

 Même s'il est de l'ancienne garde, Lamoriello a su s'ajuster après le lock-out. Les Devils ont conservé une fiche de 192-107-29 depuis 2005 et remporté trois championnats de division en quatre ans. Ils n'ont pu remporter la coupe Stanley depuis, mais l'équipe est demeurée hautement compétitive.

 Les mêmes attributs collent à Holland. Le directeur général des Wings a été embauché en 1997. Jamais les Red Wings n'ont raté les séries éliminatoires depuis, ils ont atteint la finale quatre fois et remporté trois fois la coupe Stanley (1998, 2002 et 2008). L'identité des Wings n'a jamais changé et on parle d'un beau modèle de stabilité, même si Holland a dû opérer une mutation importante après le départ des vétérans Steve Yzerman et Brendan Shanahan en 2006.

 Suivent des jeunes loups. Doug Wilson, qui a su au fil des ans acquérir Joe Thornton, Dan Boyle et Dany Heatley sans toucher à son noyau. Les Sharks constituent une puissance année après année, même si les résultats ne sont pas concluants en séries. Ils ont l'équipe pour gagner éventuellement. Les Sharks repêchent généralement bien et Wilson n'hésite pas à faire des transactions pour offrir à ses dépisteurs des positions de sélection plus avantageuses.

 Dean Lombardi avait commencé le travail avant l'arrivée de Wilson à San Jose. On l'a congédié de façon surprenante en 2003. Depuis qu'il s'est joint aux Kings de Los Angeles en 2006, ce club ne cesse de progresser. Lombardi croit aux vertus du repêchage. Il a su, depuis un an, ajouter de bons vétérans pour encadrer ses jeunes...

Louis Jean, Rogers Sportsnet

 Constance, continuité et stabilité

Établir un palmarès adéquat des directeurs généraux n'est pas facile pour trois raisons.

 Primo, il y a plusieurs nouveaux DG qui ont peu d'expérience et qui n'ont pas encore eu la chance de véritablement bâtir une équipe à leur image. Difficile donc d'évaluer les Joe Nieuwendyk, Steve Tambellini, Chuck Fletcher et Greg Sherman.

 Secondo, les directeurs généraux ont de moins en moins d'emprise sur leur propre équipe puisque bon nombre de propriétaires s'immiscent directement dans les décisions hockey. Suffit de penser au proprio des Sénateurs, Eugene Melnyk, qui a ordonné l'été dernier à Bryan Murray d'engager Alex Kovalev pour pallier à la perte de Dany Heatley.

 Tierso, la parité dans la LNH complique la donne. Certains DG, comme Bob Gainey, sont passés du rêve au cauchemar en une saison.

 N'empêche, les meilleurs directeurs généraux sont ceux dont les équipes affichent constance, continuité et stabilité. Lou Lamoriello et Ken Holland sont des exemples à suivre à ce titre. Les Devils et les Red Wings se retrouvent continuellement en séries éliminatoires, mais en plus, ils ont remporté plusieurs championnats au fil des ans.

 Darcy Regier n'a peut-être pas accompli ce fait d'armes, mais il a bâti une équipe qui fait belle figure année après année en dépit de la perte des Hasek, Brière, Drury, Campbell et compagnie chez les Sabres.

 Ray Shero a hérité d'une excellente équipe à Pittsburgh, mais il a su ajouter les éléments manquants qui ont permis aux Penguins de remporter les grands honneurs en 2009. Les Hal Gill, Bill Guerin, Chris Kunitz et l'entraîneur Dan Bylsma ont chacun à leur façon contribué à cette conquête. Parfois, les meilleures transactions sont également celles que l'on ne fait pas. Résister à la tentation d'échanger Marc-André Fleury a été salutaire pour Shero.

 George McPhee et Doug Wilson ont réussi à bâtir d'excellentes équipes en saison régulière, reste maintenant à trouver un moyen de passer à la prochaine étape pour les Capitals et les Sharks. Mais en dépit des insuccès des leurs en séries, McPhee et Wilson accomplissent de l'excellent boulot.

 Pour ce qui est de Peter Chiarelli, il a redonné aux partisans des Bruins une équipe de cols bleus à leur image. Et, surtout, les Bruins sont redevenus populaires dans une ville où le basket-ball, le baseball et le football sont rois et maîtres.

 Le travail qu'ont effectué Mike Gillis (Vancouver), Dean Lombardi (Los Angeles) et Don Maloney (Phoenix) les place eux aussi parmi les meilleurs DG de la ligue présentement. Tous trois ont réussi le plus important tour de force qui soit : changer la culture de leur organisation. Reste à savoir cependant si le travail accompli par Maloney est un feu de paille.

 Quant à Gillis, il a complètement transformé les Canucks.

 Brian Burke, des Maple Leafs, ne figure pas dans mon top 10, mais il mérite tout de même une mention honorable, lui qui a le flair d'effectuer des grands coups.

Pierre Ladouceur, La Presse

Holland : 27 ans à Detroit !

 Si j'avais les moyens de m'offrir le luxe d'une équipe dans la Ligue nationale de hockey, voici la liste des 10 directeurs généraux que je contacterais dans l'espoir de leur offrir les guides de mon équipe.

 Mon premier coup de téléphone serait à l'endroit de Ken Holland, le grand patron des Red Wings de Detroit depuis le 18 juillet 1997. Cela ne serait pas facile de le convaincre de quitter une équipe pour laquelle il travaille depuis 27 ans.

 Sous sa direction, les Red Wings ont gagné trois fois la coupe Stanley (1998-2002-2008). Ils ont aussi gagné le trophée du Président en neuf occasions et ils ont toujours été parmi les deux premiers de leur division.

 Mon deuxième coup de fil serait dirigé vers Lou Lamoriello, qui guide les destinées des Devils du New Jersey depuis 1987. Il faudrait sûrement lui offrir des actions dans l'équipe, mais je serais au moins assuré d'avoir une équipe bien structurée ! Sous l'ère Lamoriello, les Devils ont levé la coupe Stanley en trois occasions (1995-2000-2003).

 Lamoriello s'est inspiré du modèle du Canadien pour bâtir son équipe. On parle évidemment du Canadien... des belles années. L'homme est strict et il n'y a pas de passe-droit dans son équipe. Au fil des ans, il est venu jouer dans la cour du Canadien en embauchant Jacques Lemaire, Larry Robinson et Pat Burns comme entraîneur-chef.

 Par contre, mon troisième choix n'a peut-être pas eu la joie de gagner la coupe Stanley, mais il a travaillé dans des conditions difficiles en perdant des joueurs tels Jean-Pierre Dumont, Daniel Brière, Chris Drury et Brian Campbell.

 Malgré tout, année après année, les Sabres de Buffalo, sous la tutelle de Darcy Regier, se retrouvent au plus fort de la lutte.

 Cet élève de Bill Torrey, qui a appris son métier avec les Islanders de New York, est à Buffalo depuis le 11 juin 1997 et son entraîneur Lindy Ruff travaille avec lui depuis le 21 juillet 1997. J'imagine qu'il faudrait accepter ce duo, mais on parle d'une paire d'as !

 Le quatrième homme sur ma liste a été le seul directeur général de l'histoire des Predators de Nashville, David Poile. Et, tout comme Regier à Buffalo, il est avec le même entraîneur, Barry Trotz, depuis le début de la saison 1997-1998.

 Par la suite, on tourne les yeux vers l'Ouest, où Doug Wilson accomplit un excellent travail avec les Sharks de San Jose. Arrivé en poste le 13 mai 2003, il gouverne cette équipe pendant l'âge d'or de son histoire. Il lui manque seulement une conquête de la coupe Stanley.

 Dans le cas de Wilson, on est impressionné par sa capacité d'amener des joueurs étoiles à San Jose, comme Joe Thornton, Dany Heatley, Dan Boyle et Evgeni Nabokov.

 On serait aussi satisfait d'avoir un directeur général comme Jim Rutherford, le seul à occuper ce poste depuis que les Whalers ont quitté Hartford pour devenir les Hurricanes de la Caroline. L'équipe traverse une période creuse cette saison, mais Rutherford a été l'architecte des formations qui ont atteint la finale de la Coupe Stanley en 2002 pour finalement la gagner en 2006.

 Par la suite, on regarde du côté de Toronto où Brian Burke semble vouloir répéter ses petits trucs accomplis à Vancouver et Anaheim. Avec les Canucks, de 1998 à 2004, l'équipe a constamment été en ascension. Et il avait réussi à jongler pour pouvoir repêcher les frères Sedin.

 Ensuite à Anaheim, Burke a mis seulement trois ans pour bâtir une équipe championne de la coupe Stanley en attirant entre autres les Scott Niedermayer, Chris Pronger, François Beauchemin et Teemu Selanne.

 Finalement, on jetterait notre dévolu sur des dirigeants moins expérimentés, des gars comme Peter Chiarelli, en poste depuis le 26 mai 2006 avec les Bruins de Boston, Don Maloney, le patron des Coyotes de Phoenix depuis le 30 mai 2007, ou encore Greg Sherman, l'homme de confiance de Pierre Lacroix au Colorado depuis le 3 juin dernier.

James Murphy, NHL.com

Le niveau d'excellence de Holland

Ken Holland s'empare facilement de ma première position puisqu'il a su maintenir un niveau d'excellence malgré la mise en place de la nouvelle convention collective de la LNH, au point de remporter la coupe Stanley pour la troisième fois en tant que DG des Red Wings, en 2008.

 Le département hockey des Wings et le fait que Holland ait réussi à dénicher des vedettes telles Henrik Zetterberg ou encore Pavel Datsyuk prouvent à quel point il est le meilleur parmi ses pairs.

 La dernière coupe Stanley des Devils a eu lieu avant le lock-out (2003), mais ils demeurent année après année une équipe dominante, sans compter que Lou Lamoriello n'a jamais eu peur de prendre de grosses décisions afin d'améliorer son club. On en a eu la preuve récemment avec l'échange d'Ilya Kovalchuk.

 Ses trois conquêtes de la coupe en tant que DG et les prouesses de son club lui valent le deuxième rang derrière Holland.

 Maintenant, plusieurs vont se demander ce qu'un directeur général qui n'a jamais remporté la coupe fait dans mon top 3.

 Eh bien, Darcy Regier y est car il réussit à assembler chaque saison une équipe compétitive malgré qu'il ait les mains liées en raison des contraintes budgétaires imposées par ses patrons des Sabres.

 Sous Regier, Buffalo a fini sous la barre des ,500 une seule fois, a fait les séries éliminatoires quatre fois et a atteint la finale de l'Est à deux reprises. Et cette saison, les Sabres se battent pour le titre de l'Est et ont une chance légitime de représenter leur association en finale de la Coupe Stanley.

 Le DG des Hurricanes Jim Rutherford (une coupe Stanley en 2006) suit au quatrième échelon, tandis que Doug Wilson occupe le cinquième rang puisqu'il a guidé les Sharks à six participations de suite aux séries éliminatoires.

 Bryan Murray sied au sixième échelon, lui qui a très bien géré le dossier Dany Heatley en plus de ramener les Sénateurs parmi les meilleures équipes de l'Est.

 George McPhee, qui a fait des Capitals une puissance, est septième ; David Poile, qui rend les Predators compétitifs chaque saison malgré une petite masse salariale, est huitième ; Dean Lombardi, qui a littéralement transformé les Kings en faisant d'excellentes sélections au repêchage et en étant patient avec les jeunes joueurs de l'équipe, est neuvième ; tandis que Don Maloney, qui a construit une équipe gagnante à Phoenix malgré toutes les distractions entourant la vente éventuelle du club, complète mon top 10.