Roger Tremblay
« C'est vrai que nous avions une bonne équipe en 1960-1961 avec les Bobby Hull, Stan Mikita et Glenn Hall, mais c'est surtout l'esprit d'équipe et le désir de vaincre qui nous ont menés à cette grande victoire, note Pilote. Notre équipe se souciait plus du jeu offensif durant la saison régulière, car c'était difficile, par exemple, de demander à la Comète blonde [surnom de Hull] de venir nous aider en défense. Mais, une fois les séries commencées, on aurait dit que tous se préoccupaient du jeu défensif. Et on a gagné la coupe. Il faut dire que Dollard Saint-Laurent, qui avait porté les couleurs du Canadien et qui venait de se joindre à nous, prenait le temps de nous conseiller », rappelle celui qui espère voir son nom accolé au Palais des sports de Jonquière un de ces jours.
Toute une carrière
Pierre Pilote demeure une légende du hockey. Son numéro 3 a été le sixième retiré par l'organisation des Blackhawks et le premier ayant été porté par un défenseur. Lorsqu'ils l'ont retiré, les Hawks ont honoré les deux joueurs qui l'ont porté. Outre Pilote, le 3 a été endossé par Keith Magnuson, de 1969 à 1980. Ce dernier est décédé en 2003.
Les autres numéros retirés sont ceux de Glenn Hall (1), Bobby Hull (9), Denis Savard (18), Stan Mikita (21) et Tony Esposito (35).
Durant sa carrière, Pilote a remporté le trophée Norris, remis au meilleur défenseur de la LNH, à trois reprises (1963, 1964, 1965).
Au début de sa carrière, le Canadien, qui recherchait des joueurs de langue française, l'a surveillé de près, mais l'a laissé tomber à cause de sa taille peu imposante, soit 5 pi 10 po et 165 lb. Sauf que le talent et la fougue de Pilote compensaient largement pour sa fragilité apparente. Il est devenu une étoile à Chicago jusqu'à l'âge de 37 ans. En 1975, il a été intronisé au panthéon du hockey.
L'importance du gardien de but
Pour les Blackhawks de Chicago, de 1955 à 1969, Pierre Pilote a joué 890 matchs, compté 80 buts, obtenu 418 aides et passé 1251 minutes au banc des punitions.
Il a joué sous les ordres de Rudy Pilous et de Billy Reay au cours de sa carrière. Il croit toujours que l'offensive d'une équipe lui fait gagner des matchs, mais que la défense fait remporter des championnats.
« Tout change durant les séries éliminatoires, juge-t-il. Si ton gardien est hot, tes chances de te rendre jusqu'au bout sont meilleures. Souvenez-vous de Glenn Hall, Ken Dryden, Patrick Roy et Martin Brodeur, par exemple. L'esprit d'équipe est tout aussi important et le fait que les joueurs se dédient à la cause ne nuit pas non plus ».