Reportages

Le casse-tête de Pierre-Marc Bouchard

04 juin 2010

Pierre-Marc Bouchard est tenu à l'écart du jeu depuis le 3 octobre dernier en raison d'une commotion cérébrale. Et à la lueur des propos que le Québécois a livrés à HLM, sa période de convalescence pourrait s'étirer encore très longtemps. Une situation qui a de quoi l'inquiéter, tout comme ses patrons du Wild du Minnesota.

Raphaël Doucet

« Disons que ça va un peu mieux, mais je ne suis pas encore rétabli, avoue le centre de 26 ans. Je ne peux pas faire de vélo et encore moins patiner. Je ressens encore une pression dans la tête et mes yeux se fatiguent rapidement quand je lis ou regarde la télévision. »

Lors du premier match du Wild cette saison, le 3 octobre contre Columbus, Bouchard a passé 10 m 44 s sur la glace avant de retraiter au vestiaire. Contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas lors de cette rencontre qu'il s'est blessé.

« L'an passé, Nate Thompson, des Islanders, m'a frappé solidement [le 25 mars 2009] et j'ai manqué les cinq derniers matchs [huit en fait] de l'équipe. C'est là que j'ai subi ma commotion. J'ai pris deux mois off cet été pour me soigner, avant de recommencer à m'entraîner. Tout allait bien, jusqu'à ce que je recommence à jouer avec contact. Lors de notre premier match hors-concours, ça brassait devant le filet et je me suis à nouveau blessé. »

Bien qu'il ne se sentait pas à son meilleur, Bouchard a néanmoins complété le calendrier préparatoire du Wild, en plus de prendre part au match d'ouverture. « Je me pensais guéri, mais les symptômes sont vite revenus, confie-t-il. C'est ce qui arrive avec les commotions, tu n'es jamais sûr de rien... »

« C'est ennuyant »

Depuis son arrivée dans la LNH, en 2002-2003, le centre de 5 pi 10 po et 173 lb n'a jamais disputé moins de 50 matchs. C'était lors de son année recrue, à 18 ans. Il trouve donc le temps très long lorsqu'il regarde, du haut de la galerie de presse, ses coéquipiers se démener sur la glace. Surtout qu'il avait comme but de racheter sa difficile saison 2008-2009 ponctuée de 46 points (16-30) en 71 matchs.

« C'est pas évident, je ne te mentirai pas. En tant que joueur de hockey, t'es habitué de bouger constamment. Là, c'est ennuyant, mais je ne peux faire autrement que de rester positif et d'espérer. »

S'inspirer de Bergeron

À ce chapitre, Bouchard s'inspire de Patrice Bergeron, des Bruins, qui a raté 71 matchs en 2007-2008 après avoir été durement frappé par le défenseur Randy Jones, des Flyers.

Bergeron avait alors subi une sévère commotion cérébrale en plus de multiples fractures au cou. « J'ai parlé à Patrice lors de la dernière visite des Bruins au Minnesota, raconte-t-il. Je voulais savoir ce qu'il avait fait pour s'en sortir. Lentement, mais sûrement, Patrice y est arrivé et est revenu en force à Boston, au point d'aller aux Olympiques. Son histoire m'inspire en quelque sorte... »

Afin de suivre les traces de Bergeron, Bouchard se plie à des traitements quotidiens de physiothérapie, d'osthéopathie, de chiropractie, etc. « Ça me permet d'aller à l'aréna et de voir les gars chaque jour », note-t-il.