Jean-Charles Lajoie

La Série Montréal-Québec : j'espère bien!

26 avril 2010

Autant vous le dire tout de suite, je suis allé sur invitation voir un match de la Série Montréal-Québec. Bien que j'aie trouvé le sommeil assez facilement la veille, je me suis rendu à Verdun fringant de voir ce gigantesque plateau de « TiVi ».

Parce que si certains ont eu tendance à l'oublier, cette série en fut d'abord et avant tout, une de télévision. De la grosse téloche par contre ! « Money is no object ! » a dû dire quelqu'un de bien placé dans la « B.A.R.N.A.C. » des Cyniques. Et honnêtement, tant mieux !

 Tant mieux parce que le concept de Stéphane Laporte a de nouveau fait la remarquable démonstration du savoir-faire des créateurs d'ici. Lorsque l'on donne à nos artistes les moyens de leurs ambitions, on fait rougir de jalousie le plus « snobinard » des cousins français, sans compter que plus souvent qu'autrement on fait la « leçonnette » à nos voisins, les Amerloches. Mieux encore, on botte le derrière du Haut-Canada des Anglais, qui peinent à faire huit parts de marché dans 95 % de ses grilles horaires.

 Mais trêve de technocratisme bon pour les meneurs en cravate, revenons à l'essentiel : l'émotion. Parce que c'est ce que la télé souhaite vendre, de l'émotion.

 Et la Série Montréal-Québec aura en ce sens frappé dans le mille sur ce plan crucial. Peut-être pas pour 75 % de la population, mais totalement pour le 25 % restant, celui qui aura valu à la chaîne généraliste des scores BBM avoisinant le million d'auditeurs en moyenne un dimanche soir. Plus que le Canadien et plus que les concurrents des autres chaînes, le cuir chevelu ajouté de Guy A. inclus...

 Je sais que selon plusieurs d'entre vous, une chèvre broutant un champ vierge et plane menace de faire 700 000 de cotes d'écoute à TVA, mais votre raisonnement est simpliste, réducteur et certainement basé sur une haine entretenue à l'endroit de ce réseau. Une haine probablement davantage due au phénomène de la convergence.

Traitement V.I.P.

 Mais si vous faites abstraction de la « famille TVA » et de son concept centralisateur, sur le fond, la série fut bonne. Très bonne même. Qui n'a jamais rêvé de jouer devant autant de monde à la télévision en plus, et de se faire reconnaître au dépanneur ou à la Cage aux Sports ? Et bien c'est ce que la Série Montréal-Québec aura permis à 32 hommes et femmes issus de tous les milieux de vivre à fond, traitement V.I.P. inclus !

 Et ne me dites pas que vous ne vous êtes pas régalés des cabrioles de l'ami Ronald sur la glace, autant que des sautes d'humeur du Tigre et des envolées théâtrales dans le vestiaire des Bleus de Bob Hartley venu en relève à Bergie le temps des Jeux Olympiques...

 Sur le plan hockey, rehaussés par l'excellent duo Rinfret-Pedneault - deux gars qu'il a fait très bon de réentendre d'ailleurs - les matchs furent très corrects, merci !

 Sur place, ne serait-ce que pour avoir fait la preuve d'une capacité à faire lever une foule en dosant à merveille que de la musique francophone et des classiques ritournelles à l'orgue, la série mérite un A+, avec un souhait de la voir revenir l'an prochain.

 En fait, à chaque hiver nous séparant du retour des véritables séries Montréal-Québec, lesquelles reprendront du service lorsque Pierre-Karl aura fait plier Gulliver Bettman au point de déménager Lecavalier, St-Louis, Stamkos et le reste du Lightning de Tampa Bay dans la Vieille Capitale. Après tout, Régis La-Bada-Beaume y est déjà et il attend !