Les gardiens de but issus du premier tour représentaient alors 21,7 % (13 sur 60) du contingent total de la LNH. Du lot, huit de ceux-ci (61,5 %) étaient considérés comme des numéros un par leur équipe respective : Tuukka Rask à Boston, Cam Ward en Caroline, Kari Lehtonen à Dallas, Martin Brodeur au New Jersey, Brian Boucher à Philadelphie, Marc-André Fleury à Pittsburgh, Jean-Sébastien Giguère à Toronto et Roberto Luongo à Vancouver.
Rick DiPietro (1er choix en 2000), chez les Islanders, a de son côté perdu son titre dès le début de la saison aux mains de Dwayne Roloson, en raison de ses nombreuses blessures.
Importante précision, des huit premiers de classe qui avaient la pleine confiance de leur entraîneur, quatre l'ont obtenue en cours de saison, soit en raison d'une blessure au réel numéro un (Boucher), d'un mauvais rendement de celui-ci (Rask) ou encore d'un échange (Lehtonen et Giguère). Ces deux derniers avaient d'ailleurs perdu leur poste respectif à Atlanta et à Anaheim, avant de connaître un regain de vie à Dallas et à Toronto.
Deux premiers tours : 52,2 % de partants
Si 13 gardiens de but réguliers proviennent du premier tour, 10 ont été appelés au deuxième, dont Jimmy Howard avec les Red Wings (64e en 2003), Jeff Drouin-Deslauriers avec les Oilers (31e en 2002), Ilya Bryzgalov avec les Coyotes (44e par Anaheim en 2000) et José Théodore avec les Capitals (44e par Montréal en 1994). Ces quatre-là sont d'ailleurs les seuls du groupe à être titulaires dans leur formation respective, pour un taux de 40 % (4 sur 10).

Cela veut donc dire que des 23 gardiens de but (sur 60) appelés lors des deux tours initiaux, 12 étaient des numéros un en 2009-2010, pour un pourcentage de 52,2 %. Aussi bien dire qu'en repêchant un gardien de but aussi tôt, on a une chance sur deux de se tromper !
Plusieurs « jamais repêchés »Sinon, les gardiens de but jamais repêchés sont ceux qui sont en plus grand nombre dans la LNH, avec huit représentants (13,3 %). Du lot, quatre campaient le rôle de numéro un la saison dernière, soit Jonas Hiller à Anaheim, Antti Niemi à Chicago, Niklas Backstrom au Minnesota et Dwayne Roloson à Long Island. Quatre gars, dont trois Européens, sur lesquels toutes les équipes ont levé le nez lorsqu'ils étaient disponibles et qui, aujourd'hui, accomplissent un boulot plus que respectable.
Erik Ersberg (Los Angeles), Yann Danis (New Jersey), Ty Conklin (St. Louis) et Jonas Gustavsson (Toronto) n'ont eux non plus jamais été repêchés. Gustavsson était d'ailleurs le partant des Maple Leafs avant que le directeur général Brian Burke transige pour obtenir les services de Jean-Sébastien Giguère, le 31 janvier.
Halak parmi les choix tardifs
Autre signe qu'il est souvent préférable d'attendre avant d'appeler un gardien de but, des 11 sélectionnés au septième, huitième et neuvième tours, sept étaient des partants en 2009-2010.
Il s'agit de Johan Hedberg à Atlanta (218e choix), Tomas Vokoun en Floride (226e), Jaroslav Halak à Montréal (271e), Pekka Rinne à Nashville (258e), Henrik Lundqvist à New York (205e), Brian Elliott à Ottawa (291e) et Evgeni Nabokov à San Jose (219e). 
Hedberg, Halak et Elliott ont d'ailleurs respectivement volé le poste de partant à Ondrej Pavelec (41e choix), Carey Price (5e) et Pascal Leclaire (8e) en cours de saison, trois gardiens de but qui possèdent - ou possédaient - un plus grand potentiel qu'eux, supposément.
En outre, s'il y a neuf gardiens de but partants qui ont été appelés au premier tour, il y en a cinq qui proviennent du neuvième, le deuxième total en importance dans la LNH.
La question mérite donc d'être posée : le jeu de choisir un Rask, un Ward, un Fleury ou un Luongo vaut-il réellement la chandelle quand un Vokoun, un Halak ou un Nabokov est encore disponible au neuvième tour ? Ou encore qu'un Hiller, un Niemi ou un Backstrom peut être engagé quelques mois, voire quelques années plus tard sur le marché des joueurs autonomes ? C'est un pensez-y bien.
Des noms auxquels on pourrait ajouter ceux de Ryan Miller (138e en 1999) et Miikka Kiprusoff (116e en 1995), tous deux issus du cinquième tour.
Dans l'histoire...Bien sûr, il y a toujours des exceptions qui incitent les formations du circuit Bettman à repêcher un gardien de but très tôt. Un Martin Brodeur par exemple, un choix de premier tour, 20e au total, des Devils du New Jersey en 1990. Quand un joueur d'un tel talent est disponible, on se doit de le choisir.
Mais plusieurs autres grands gardiens de but de l'histoire n'ont pas eu le luxe de faire partie des premiers de classe : Patrick Roy a été un 51e choix du Canadien en 1984 et Dominik Hasek, un 199e des Blackhawks en 1983. Sans compter qu'Ed Belfour et Curtis Joseph n'ont jamais été repêchés.
Pourtant, tous les quatre font partie du top 10 pour les victoires en saison régulière, en compagnie des vieux de la vieille Terry Sawchuk, Jacques Plante, Tony Esposito, Glenn Hall et Grand Fuhr ; le seul du groupe, avec Brodeur, à avoir été choisi au premier tour (8e au total en 1981).
Toutes ces données prouvent qu'il y a une pléiade de gardiens de but de talent dans le monde. Il n'est cependant pas nécessaire de se presser à en sélectionner un. Car le repêcher est une chose, le développer en est une toute autre.
À ce titre, le modèle parfait du gardien de but de la LNH se lit ainsi : 4e tour, 110e choix au total, en 1999. C'est néanmoins ce que dit la moyenne des 60 gardiens de but présents à la fin de la saison 2009-2010...
Les meilleurs en 2009-2010 
La saison dernière, Martin Brodeur, repêché au 20e rang par les Devils du New Jersey en 1990, a dominé ses pairs avec 45 victoires. Ilya Bryzgalov a terminé troisième avec 42, lui qui, avant d’être réclamé au ballotage par les Coyotes de
Phoenix, avait été un choix de deuxième tour des Ducks d’Anaheim (44e), en 2000.
Outre Brodeur et Bryzgalov, trois autres gardiens de but dans le top 10 des victoires en 2009-2010 ont été sélectionnés lors des deux premiers tours, soit Roberto Luongo (4e au total en 1997), Jimmy Howard (64e en 2003) et Marc-André Fleury (1er en 2003).
Sinon, Evgeni Nabokov (219e en 1994), Ryan Miller (138e en 1999), Jonathan Quick (72e en 2005), Craig Anderson (73e en 2001), Miikka Kiprusoff (116e en 1995) et Henrik Lundqvist (205e en 2000) – ces deux derniers étant à égalité en 10e position avec 35 victoires – ont tous dû ronger leur frein assez longtemps avant d’être appelés par une formation de la LNH.
Les meneurs pour le nombre de victoires la saison dernière prouvent que repêcher un gardien de but tôt n’est pas nécessairement gage de succès. Et, surtout, que le travail des directeurs généraux et des recruteurs, les 25 et 26 juin à l’encan amateur tenu à Los Angeles, est une science bien inexacte !