Avez-vous aimé le spectacle qui nous a été offert dans le cadre des séries éliminatoires de la Coupe Stanley ?
Moi,
j'ai adoré. Et cela n'a rien à voir avec le fait que Raphaël Doucet et
moi avons fait la prédiction en août dernier (sans se consulter je vous
jure), que les Blackhawks de Chicago et les Flyers de Philadelphie
allaient s'affronter en finale de la Coupe Stanley.
Non, j'ai
bien aimé ce que j'ai vu parce que non seulement le Canadien a été
l'équipe Cendrillon de la « vraie saison » et a ramené sur terre des
formations aussi puissantes que les Capitals de Washington et les
Penguins de Pittsburgh, mais aussi en raison du fait que plus ça va,
meilleurs et plus doués me semblent les joueurs de la LNH.
Bien
qu'il y ait longtemps qu'on ne parle plus des Big Bad Bruins et des
Broadstreet Bullies, on reste encore sous l'impression que les équipes
doivent aligner des bagarreurs pour aller loin dans les éliminatoires.
Heureusement, ce n'est plus qu'une impression.
Regardez
les Flyers et les Blackhawks. Ont-ils des joueurs embauchés
spécifiquement pour faire régner l'ordre et le respect de
l'adversaire ? Pas du tout. Ces joueurs ont été remplacés par des
« joueurs d'énergie » ; des joueurs dont la présence sur la patinoire a
le double effet de déranger l'adversaire et de raviver les ardeurs de
leurs coéquipiers.
Ce que ça donne ? C'est que le jeu est
plus rapide et plus excitant que jamais. On constate aussi que les
joueurs habiles peuvent davantage exprimer leurs talents et faire mieux
paraître des coéquipiers moins privilégiés par la nature.
Comment rendre le produit plus excitant ?
Vous
vous ennuyez des bagarres ? Faites-en votre deuil. Cette époque est
révolue. Mais comment faire alors pour créer un produit qui sera encore
meilleur et plus excitant pour les spectateurs ?
L'enrober
par une mise en scène d'ouverture de spectacle de haute qualité ? Par
une ambiance fabriquée à partir de jeux de lumières et d'images sur des
écrans géants accompagnés de sons amplifiés par des moyens
technologiques parmi les plus avancés ?
On a déjà tout ça. Alors, qu'est-ce qui manque pour atteindre le prochain niveau ?
L'un
de ces moyens pourrait bien être de créer ou de faire revivre de
grandes rivalités. À cet égard, celle qui a opposé les Nordiques au
Canadien dans les années 80 et 90 est certainement la plus forte que la
LNH ait connue. Il y a eu aussi celle de l'Alberta, entre les Oilers
d'Edmonton et les Flames de Calgary. À une certaine époque également,
les joueurs des Blues de St. Louis et des North Stars du Minnesota se
haïssaient mutuellement au point de s'en confesser.
Mais
c'est vraiment depuis le départ des Nordiques pour le Colorado que nous
ne ressentons plus, du moins ici à Montréal, un réel esprit de rivalité
entre le Canadien et une autre formation en particulier.
Le
commissaire Gary Bettman a bien essayé de nous enfoncer dans la gorge
que les Sénateurs d'Ottawa et le Canadien pourraient être de grands
rivaux. L'avez-vous senti une seule fois dans votre vie ?
Les
Bruins de Boston et les Maple Leafs de Toronto n'ont jamais été de
grands amis du Tricolore, mais ce n'est rien encore à comparer à
l'immense intensité qui régnait au Forum ou au Colisée quand la gang à
Ronald Corey affrontait celle de Marcel Aubut. Imaginez, ça se battait
même sur la galerie de presse !
Personne ne souhaite - même
si ce n'est que pour le respect de la profession - qu'on en revienne à
ça. Ou à un autre match du Vendredi Saint.
Mais pour ce qui
se passe en fait de qualité de hockey sur la patinoire et dans les
bureaux de deux organisations en quête d'excellence à tous les niveaux,
on ne pourrait demander mieux.

Comme
on peut le constater à la une de notre dernier numéro de la saison
2009-2010, ce devrait être autour de PK Subban que le Canadien bâtira
son avenir. Il y a un an, c'était autour de Carey Price... Alors, il ne
faut pas s'exciter trop vite.
Du côté de Québec, l'avenir
semble passer par PK Péladeau. Pierre Karl de son prénom est maintenant
bien connu par les autorités de la LNH. Il a l'appui du maire Régis
Labeaume. Il a celui de Jean Charest. Normalement, celui de Stephen
Harper devrait suivre. Et finalement, il a l'appui des amateurs de
hockey de la Vieille Capitale.
Reste que son plus fort
argument pour aller chercher une organisation de la LNH pour
l'implanter à 250 kilomètres du royaume du Canadien, c'est son réseau
de télévision, TVA Sports, qu'il doit alimenter avec un produit qui
fera concurrence au hockey du Canadien à RDS. Or, pour la LNH, les gros
revenus proviennent de la télévision.
La renaissance de la rivalité Québec-Montréal ? Ce pourrait donc être pour très bientôt.
En
attendant, remercions tous ces dépisteurs, entraîneurs et directeurs
généraux qui ont mis sur pied des formations aussi spectaculaires à
regarder durant les séries éliminatoires.
Le printemps a paru moins long...
