Mais pourquoi le feraient-ils ? Ces règles du jeu les favorisent comme aucune autre équipe de la LNH, à l'exception peut-être des Bruins de Boston. 
Les chiffres compilés par mon collègue Raphaël Doucet le démontrent noir sur blanc : si le classement des équipes de la LNH se faisait en tenant compte uniquement du résultat des matchs au terme des trois périodes régulières de 20 minutes, le Canadien ne mériterait pas d'être qualifié aux séries éliminatoires.
En dressant la liste des victoires, défaites et verdicts nuls comme on le faisait avant l'avènement des « points bonis », le Canadien aurait eu une fiche - en date du 1er avril - de 22 gains, 32 revers et 23 nulles pour un total de... 67 points !
Avec ce dossier, le Canadien aurait été 10e dans son association et 24e parmi les 30 clubs de la Ligue nationale. Il aurait été à sept points des Rangers de New York et de la dernière place admissible aux éliminatoires dans sa « poule » (comme disent les Français) et non pas en 8e place avec une avance de quatre points sur ces mêmes Blueshirts.
Comment expliquer cet écart de 11 points ? Par deux facteurs :
1) la prolongation à quatre contre quatre, où les petits et rapides patineurs ont plus d'espace pour manoeuvrer sur la patinoire ;
2) la fusillade, où les gardiens de but peuvent exceller, a tourné à l'avantage du Tricolore.
Or, dans les séries éliminatoires, il n'y a ni prolongation à quatre contre quatre ni fusillade. C'est du hockey à cinq contre cinq et le temps supplémentaire ne se termine pas avant que l'une des deux équipes parvienne à marquer un but. Comme on sait, on ne donne pas cher la peau du Canadien en pareilles circonstances.
Le tableau suivant démontre quel aurait été le classement des équipes de la LNH sans les fameux « points bonis ». C'est peut-être ce classement-là qui donne la meilleure idée de la puissance (ou de l'impuissance) des équipes.