Daniel Caza

Pas le choix de jouer la carte de la stabilité

25 mars 2010

Pierre Gauthier a joué sa carte : celle de la stabilité. Est-ce qu'elle le fera gagner ou perdre ? Tout dépendra des cartes qui tomberont devant lui.

Quand on jette un coup d'oeil à la formation du Canadien en date du 3 mars, on constate qu'en plus d'avoir un nouveau propriétaire, un nouveau directeur général et un nouvel entraîneur-chef, seulement 11 joueurs - y compris les deux gardiens de but - faisaient partie de sa formation au terme de la saison 2008-2009.

 Cela signifie qu'il en reste neuf aux autres positions.

 Il y a cinq attaquants : Tomas Plekanec (qu'on risque de perdre dans le marché des joueurs autonomes le 1er juillet prochain), Glen Metropolit, Maxim Lapierre, ainsi que les frères Andrei et Sergei Kostitsyn.

 Et il y a quatre défenseurs : Ryan O'Byrne, Josh Gorges, Roman Hamrlik et Andrei Markov. On est loin du Big Three...

 C'est sur cette fondation pour le moins argileuse que les directeurs généraux Bob Gainey et Pierre Gauthier ont entrepris de bâtir leur équipe. Le travail qu'ils ont fait a coûté cher, mais force est d'admettre qu'ils ont amélioré autant l'attaque que la défense. Suffisamment, du moins, pour qu'ils ne croient pas essentiel de procéder à d'autres changements le 3 mars, jour de la date limite des transactions dans la LNH.

 Décevant ? Non et oui.

 Non, parce qu'avec les acquisitions de Benoît Pouliot et Dominic Moore, en plus des rappels de Mathieu Darche et Tom Pyatt, l'attaque devient plus costaude.

 Mais oui parce que Pierre Gauthier avait les mains liées par ses gardiens de but qui n?ont encore convaincu personne qu'ils méritent le poste numéro un.

 Est-ce que Jaroslav Halak joue au-dessus de sa tête ? Ou est-il réellement un gardien de but qui peut maintenir un rythme de succès comme celui qu'il affiche depuis le dernier mois de la saison passée ?

 Est-ce que Carey Price manque seulement de maturité pour devenir un grand gardien de but ? Ou est-il un autre de ces talents naturels qui n'aura besoin de personne pour être gaspillé ?

 C'est la carte de l'assurance contre celle de la promesse. C'est à ça que ça ressemble pour le moment.

Halak ou Price ? Le débat se poursuivra donc pour un bon bout de temps. Au moins jusqu'à l'élimination du Canadien.

 Mais pendant ce temps, ce sont les joueurs les plus âgés du Tricolore qui semblent être en voie de rester le plus longtemps à Montréal, en raison de leur faramineuse rémunération par rapport aux performances qu'ils peuvent fournir.

 Bien sûr que la présence de vétérans à moyen terme est rassurante. Par contre, dans une ligue où les jeunes ont de plus en plus leur place, ça peut devenir un dilemme.