Chez-nous à CKAC, on planche déjà sur ce jour J, celui où l'auditoire atteint un paroxysme annuel qui ne connaît d'égal que lorsqu'un Théodore passe du CH à l'Avalanche...
Pourtant, la date limite des transactions devrait changer d'appellation et devenir la date limite des tractations. Des tractations avec, en prime (si vous êtes patient jusqu'à la dernière minute peut-être - et je dis bien peut-être...), l'apparition soudaine d'une transaction digne de mention à travers les mille et une tractations et quelques dizaines de malheureux transferts de joueurs de rôle ou de bouts de banc, ou de vulgaires transferts bancaires !
Ne vous méprenez pas. Je serai bien présent au début mars, fidèle à mon microphone et fébrile aussi en regard de ces heures stimulantes en terme de suspense, mais trop souvent aussi décevantes qu'un mauvais polar de Jackie Chan.
Des Penguins devenus manchots ?
C'est Brian Burke qui le disait récemment dans une autre de ses légendaires sorties en règle : « Le hockey doit alimenter les conversations, et une bonne façon de le faire est de compléter des grosses transactions (traduction libre de blockbuster trade)... Je déplore qu'il ne soit pratiquement plus possible de transiger dans le hockey d'aujourd'hui, et ce n'est certainement pas bon pour la popularité de notre sport auprès des amateurs. »
Très juste, Monsieur Burke.
Honnêtement, combien d'heures vous investissez-vous, avant votre match du jeudi à Brossard ou après dans un bar sportif ? Combien de temps donc investissez-vous à échanger autour d'un pichet « ...Untel pis untel contre untel pis untel...» ? Dans les faits, j'ai souvenir de Hossa qui, à 2 heures 58 l'an dernier, est parti d'Atlanta pour Pittsburgh, contre l'avenir des Penguins disaient plusieurs. Pourtant, au moment d'écrire ces lignes, vrai que la bande de manchots ne vole pas très haut, mais il me semble que ce qu'ils ont cédé dans cette mégatransaction n'en pousse pas trop épais non plus, à part peut-être Angelo Esposito (toujours junior, par contre) qui semble enfin avoir compris ce qu'il devait faire pour répondre des attentes qu'on place généralement dans un espoir de premier tour.
Pour le reste, bien peu à nous mettre sous la dent, rien de spectaculaire, rien pour faire jaser et jaser encore...

Juin plutôt que mars
En fait, je crois qu'en raison de la convention collective de l'Association des joueurs de la LNH, les transactions significatives se prêtent beaucoup mieux à la semaine du repêchage amateur en juin qu'à la date limite identifiée, en mars.
Pourquoi ?
Simple question de contrats en regard des masses salariales. Et sûrement aussi des hypothèques qui jouent dans les millions pour les joueurs, pas mal loin des bungalows tout brique à 110 000 $ des années 1980 que l'organisation leur rachetait entre deux kleenex dans le bureau du directeur général.
Et même en juin, j'ai l'impression qu'il se réalise à peine une seule transaction joueur actif contre joueur actif pour un million de pas ou d'appels investis entre décideurs, soit à partir de leur suite d'hôtel, la veille du repêchage, jusqu'à son déroulement sur la dalle de béton, le lendemain.
Le cas...valier
Le pire dans toute cette histoire, c'est que j'ai bien l'impression que le voeu du professeur Brain Burke n'est pas prêt de se réaliser. La meilleure preuve ? Nous venons de la vivre avec la saga Vincent Lecavalier : un grand joueur avec un contrat beaucoup trop lourd pour la capacité de payer d'un petit club de Floride pris dans une crise financière mondiale. D'un petit club qui, en toute logique, pourrait mettre un peu d'ordre dans ses finances en même temps que de l'espoir chez ses partisans et abonnés aux matchs en palliant un échange impliquant son Michael Jordan.
Hélas, même si cela découlait d'une pure lucidité en même temps que d'une la saine gestion, le seul Vincent qu'on a vu débarquer à Montréal pour le match des étoiles portait encore les couleurs du Lightning.
En même temps, les perspectives de le voir revenir en sauveur dans le Bleu, le Blanc et le Rouge ont considérablement rétréci. Pourtant, il fut un temps, me semble, que LA transaction était déjà complétée et qu'il ne restait que quelques détails insignifiants à régler entre les lignes de son gros contrat.
Quoi qu'il en soit, on verra un peu plus clair dans tout ça le 4 mars prochain.
En attendant, restez de bonne rumeur.