Le 2 décembre dernier, lors d'une rencontre avec la presse, le controversé joueur des Stars, Sean Avery, s'est fait remarquer pour un commentaire disgracieux à l'endroit de l'amie de coeur de Dion Phaneuf, l'actrice montréalaise Elisha Cuthbert, l'ex d'Avery. On connaît l'histoire.
Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, en a eu assez des frasques d'Avery. Il l'a suspendu pour six matchs.
Aussi, la ligue et son équipe, les Stars de Dallas, se sont entendues pour lui procurer le soutien psychologique nécessaire à sa réhabilitation.
Mais à la suite de ce dénouement, Avery était loin de se douter que le pire restait encore à venir. Appelés à réagir sur les propos de leurs coéquipiers, les leaders et vétérans de l'équipe ont alors été cinglants à l'endroit du mal-aimé. C'est ni plus ni moins que l'exclusion du vestiaire qui attendait Avery.
Bien sûr, une telle décision comporte plusieurs considérations. Que fera l'Association des joueurs (NHLPA) dans un tel dossier ? C'est important de défendre ses membres lors de léthargie, mais comment cautionner de tels propos ? Il y a aussi l'aspect financier. Le contrat de plus de 15 millions de dollars pour quatre ans consenti à Avery, par les Stars, doit être respecté par l'organisation texane. C'est donc une décision qui coûtera très cher aux Stars.
Hull mène la barque
Il est ironique de voir Brett Hull se débattre dans tout ce bourbier alors qu'il n'est après tout que le co-directeur général de l'organisation. Si c'est lui qui doit faire face aux médias, c'est qu'il doit assumer seul les actes du joueur des Stars.
Visiblement, son associé Les Jackson n'a jamais endossé la décision de Hull. Ce dernier, amenant son ancien coéquipier (Detroit) et ami au sein de l'équipe, a causé des tort qui seront très difficiles à réparer. La dynamique entre Jackson et Hull devra être revue.
Il est de plus en plus évident qu'il n'y a pas de place pour deux capitaines à bord du navire. Le monstre à deux têtes créé par le désir du propriétaire, Tom Hicks, d'insérer son ancienne vedette dans le département hockey lui coûtera probablement une participation aux séries éliminatoires.
Lors du post mortem de ses hommes de hockey, la ligne de communication et celle du pouvoir seront au coeur des nouvelles préoccupations de son organisation.

Pas de sentiment en affaires !
Les Jackson devrait être le seul patron à bord. Sous la direction de l'ancien directeur général Doug Armstrong, Jackson a fait ses classes. Contrairement à Hull, au cours des sept dernières années, il s'est bâti une réputation et une expertise avec, comme point culminant, une conquête de la coupe Stanley (1999) comme assistant à Armstrong.
Quant à lui, Brett Hull s'est servi de sa réputation et de sa relation avec le propriétaire de l'équipe afin de se tailler une place de choix au sein de l'organisation. Mais, comment donner autant de pouvoir à quelqu'un qui n'a que des opinions ?
M. Hicks aurait dû savoir ça. Maintenant, il devra faire un choix et laisser celui-ci travailler de concert avec les hommes de hockey déjà en place.
Hull aurait été un excellent ambassadeur pour les Stars. Il possède une personnalité colorée. Il est drôle et intéressant à écouter, mais pour faire le travail de DG, ça prend de l'expérience.
À Detroit, ce sont des choses que M. Illitch a compris depuis longtemps. Steve Yzerman apprend le job derrière l'un des meilleurs du milieu : Ken Holland.
Son premier mandat olympique avec Hockey Canada lui permettra de se faire la main. Lentement, mais sûrement, Yzerman est en train de se bâtir. Un jour, il deviendra le patron et il sera prêt.
Malheureusement pour M. Hicks, son admiration pour Brett Hull est venue altérer son jugement. Force est d'admettre que l'affaire Sean Avery devrait servir de leçon aux organisations qui seraient tentées d'offrir des postes dans leur département hockey à des anciens qui ont toutes les réponses du haut de la passerelle.
Car ce n'est pas sur la passerelle que l'on devient un homme de hockey, mais sur le terrain !