CHRONIQUEURS

Pourquoi ne pas mettre tous les bâtons au milieu ?

06 février 2009

Il y a un an, je devais écrire en ces pages la formule qui serait à mon sens la meilleure dans le cadre du match des étoiles de la Ligue nationale de hockey. Je me rappelle m'être inspiré du fameux Rendez-Vous 87 de Marcel Imbut, tout en y ajoutant la petite touche sociétale, celle permet la remise d'une somme en argent à une oeuvre caritative, dans le cadre d'une activité déterminée et mise de l'avant par les notables et mieux nantis d'une communauté. Bref, un souper spaghetti, version Réjean Tremblay pis ses chums de Harley... les motards en cravate ! Finalement, avec le déplorable constat à venir du match du centenaire ici chez-nous, je lance l'éponge et me dis que le mieux serait de tout simplement mettre la hache dans cet événement.

Bien entendu, jamais le lilliputien Gulliver Bettman ne permettra l'annulation sous son règne de la classique des étoiles. Ce « Little Beaver » en patins à roulettes aime beaucoup trop ce qui ne marche pas pour s'en passer. La preuve en sont les Hurricanes de la Caroline, les Panthers de la Floride, leurs voisins de Tampa Bay et les Thrashers d'Atlanta, pour ne nommer que ces équipes. 

Je me rappelle qu'il y a un an, j'étais pour le moins fébrile. La Sainte-Flanelle était désignée pour mettre sur pied ce week-end de ski-doo pour certains, de plage pour d'autres, mais de hockey pour les meilleurs de la ligue...en principe. Alors je me suis dit que la science de la direction glorieuse allait révolutionner une formule désuète, prétexte à un rassemblement de country club, avec membres dénudés d'épaulières et de slip-coquille. La perspective de danger étant pour eux aussi élevée qu'un chiffre d'assistance à Nashville un soir de tornade...

Puis, à quelques jours de l'événement, rien ! En fait, mis à part le simili-scandale du vote électronique engraissé aux anabolisants cybernétiques... rien !

Au fait, si la révolution trouve son écho dans ce vote ridicule, le hockey est franchement dans un état lamentable. Pas que ce n'est pas louable de se rapprocher technologiquement du jeune public, mais si vous n'avez pas ce qu'il faut pour gouverner votre révolution comme il se doit, alors cherchez une autre idée, la vôtre n'est pas bonne ! Permettre, ou constater, impuissant, qu'un concept engraisse inlassablement certains joueurs au détriment d'autres, meilleurs encore, est en tous points ridicule. 

Et puis honnêtement, je dois admettre que j'aurais ressenti un malaise certain si, lors de la mise en jeu initiale du match au Temple de l'infinie interrurbinne, le trio de l'Est nous aurait montré un Saku Koivu, flanqué d'un Alex Kovalev et d'un Alex Tanguay, avec de surcroît à la ligne bleue Markov et Komi-Shrek, et puis le cerbère qui n'a de Price que le nom devant la cage !


Tout cela avec sur le banc, à les regarder, des Crosby, Malkin et Ovechkin, en plus de Timothé Thomas. Un gardien de rue commandité par les jambières de foam et le masque de fibre de plastique Canadian Tire, mais qui survole tous ces pairs de l'Association Est depuis le début de la saison. 

En ce sens, la remontée des joueurs des Penguins depuis quelques semaines a de quoi laisser perplexe. Les partisans se sont-ils à ce point levés afin que justice soit faite, ou bien Gulliver a intimé de sauver la mise en embauchant un Mafiaboy sur deux lames afin de mettre de l'ordre dans sa formule à la con ?

Au bout du compte, je pense que la proposition d'un de mes amis un soir donné est la plus plausible et valable dans les circonstances. Invitez les 40 meilleurs, et puis après un réchauffement matinal vendu 35 $ l'unité à plein building et un concours d'habiletés vendu, lui, à 150 $ l'unité à plein building, déposez les bâtons de graphite de tous les joueurs au centre de la glace et demandez à quelqu'un qui n'aura pas à s'agenouiller pour les prendre - disons Bettman -, de les lancer à tour de rôle de chaque côté... comme au bon vieux parc Dubuc en face de l'aréna Léonard-Grondin de Granby !

Au moins, ça aura le mérite d'ajouter une touche folklorique au simple mercantilisme...  


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