CHRONIQUEURS

Les meilleurs et les pires de mon histoire

16 janvier 2009

Avant de m'accuser de parler de choses que je n'ai pas vues, lisez bien ce qui suit.



Ce doit être lié à une sorte de hiérarchie, ou bien quelque chose dans le genre de : « Jean-Charles lui, le danger, il connaît pas ça. Alors il va certainement accepter de le faire... »

Et le faire, dans ce cas-ci, c'était aux dires de notre distingué rédacteur en chef, Daniel Caza : identifier la meilleure édition partante de l'histoire du Canadien, mais aussi et surtout, j'en ai bien l'impression... la pire !

Une prérogative par contre : je devais avoir vu jouer de mon vivant tous les joueurs mentionnés dans ces formations partantes. Ne voyez donc pas dans l'absence du Rocket et de Monsieur Béliveau une basse tentative de sensationnalisme de ma part, je laisse cela aux moins fortunés sur le plan de l'attention populaire...

Mes meilleurs

Puisque c'est le but de l'exercice, commençons par « mes » meilleurs, les six partants pour les quels mes yeux peuvent être appelés en témoin à la barre par ma raison. 

En fait, rien de bien original, puisque les six joueurs que j'ai retenus sont issus de l'extraordinaire décennie 1970, celle où l'équipe a remporté la coupe Stanley six fois, dont quatre de façon consécutive ! 

Le trio de Jacques Lemaire, Steve Shutt et Guy Lafleur se retrouve donc salué par cette rubrique comme le meilleur de mon vivant. Il y eut la Punch Line à Montréal, la Production Line à Detroit et plus tard la Triple Couronne à Los Angeles ou encore la French Connection à Buffalo, mais celle qui aura été la meilleure, s'il n'en tient qu'à moi, est celle qui n'avait pas besoin de nom, la première ligne de Bowman dans les années 1970.

À la ligne bleue, je suis obligé d'y aller avec le Sénateur Savard et le grand Larry. Un soir donné, l'an dernier, je suis en compagnie de l'un de mes cousins et nous regardons un match entre Montréal et Boston à ESPN Classic. Puis, après trois quarts d'heure et deux visites au frigo, nous nous sommes regardés en constatant que Savard et Robinson nous semblaient être sur la glace depuis deux périodes sans arrêt. C'est que Pointu s'était blessé plus tôt dans la rencontre et les deux restants du Big Three devaient tenir le fort...

Devant le filet, je comprendrai vos insultes bien senties, mais je vous dirai ceci : vrai que si Casseau n'avait pas été là, la Flanelle n'aurait pas touché à la coupe depuis 30 ans. Mais tout aussi vrai que la cinquième de suite au printemps de 1980 n'est pas venue, bizarrement, alors que Dryden avait pris le chemin des cours de justice pour aller y plaider. Vrai aussi qu'il en a gagné six en huit saisons. En fait, même l'argument massue de mon collègue et ami Rinfret ne m'envoie pas au tapis lorsqu'il me demande si Dryden aurait pu gagner la coupe en 1986 et en 1993, en comparaison de Roy dans les années 1970? Mon choix demeure donc Dryden, un grand gardien et un grand homme, aussi libéral soit-il...

Au rayon des purs...Euh, des pires !

Dans la section perdue, après de multiples recherches et authentifications souvent difficiles à obtenir, vous constaterez que je me suis gardé d'inclure de la facilité du genre Patrick Carnback ou encore Éric Houde ou Gerald Diduck. Je me suis plutôt, sauf à une exception près, concentré sur des joueurs produits de l'organisation et repêchés au premier tour et qui se sont avéré être de véritables fiascos !

Ainsi, notre paire de défenseurs est formée de Brad Brown et de John Van Boxmeer. Remarquez que ce dernier a connu un certain succès comme instructeur dans les circuits mineurs, mais après avoir été le tout premier choix du Canadien, le 14e au total en 1972, il ne sera jamais venu près de menacer un des trois membres du Big Three, avant de faire ses valises pour le Colorado à l'automne de 1976, pendant que son adresse personnelle demeurait encore méconnue du grand public... et du clan des frères Dubois ! Quant à Brad Brown, choisi 18e au total de tout l'encan de 1994, ce boeuf de l'Ontario n'aura joué que 13 matchs avec le grand club avant d'être sacrifié dans une transaction de Réjean Houle, qui aura sans doute réussi à cacher à son homologue de la Ville des vents que son boeuf de l'Ouest était mûr pour la quarantaine, étant atteint de ce mal s'apparentant à la vache folle... 

À l'attaque, ils ont tous été des premiers choix, le centre Alfie Turcotte (17e au total en 1983), l'ailier gauche Terry Ryan (8e en 1995) et l'ailier droit Lindsay Vallis (13e en 1989), mais à eux trois ils n'auront joué que 94 matchs avec le Canadien, récoltant 38 points dont 15 petits buts, tous l'oeuvre de Turcotte, le plus « prolifique » des trois, mais aussi celui qui a été la plus grande déception, le bon peuple dont j'étais attendant une émule de Denis Savard et recevant plutôt un gars au prénom qui inspirait le burlesque. 

Pour ce qui est de Vallis, il n'a joué qu'un seul match avec Montréal, mais tous s'entendent pour dire que ce fut un de trop !

Devant le filet, bien qu'il ait été une sélection de quatrième tour, il serait malhonnête de ne pas décerner le poste à André Racicot. Lorsqu'un gardien de but reçoit le sobriquet de Red Light...

En terminant, je vous rappelle qu'il vous est permis de mettre en doute un ou plusieurs des choix énoncés plus haut.

Je vous rappelle, par contre, que vos votes en vue d'élire les formations partantes des deux associations lors du match des étoiles du 25 janvier, au Centre Bell, ont laissé sur le banc les Tim Thomas et Alexander Ovechkin.

Alors...

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