CHRONIQUEURS

Pour le plaisir et pour la cause

16 janvier 2009

Depuis près de 40 ans, les Anciens Canadiens et les Légendes du hockey disputent entre 35 et 40 parties hors-concours par année afin de contribuer à diverses collectes de fonds destinées à des organismes caritatifs, sociaux, communautaires et sportifs. Encore une fois cette année, ces tournées permettront la récolte d'une somme variant entre 300 000 $ et 350 000 $, mais au fond, ce genre d'appui à la collectivité, ça n'a pas de prix.

L'Assomption, le 29 novembre 2008. Il est 16 h 15. Richard Sévigny nous accueille à la porte du Complexe sportif du collège où il travaille comme intervenant auprès des jeunes et où il a eu la brillante idée de suggérer aux autorités de présenter un match des Anciens Canadiens pour financer une partie des coûts de construction de cette nouvelle infrastructure. Une des rares du genre au Québec, est-il utile de rappeler.

On se rend au vestiaire et, en entrant, qui y voit-on ? Oui, oui, Guy Lafleur lui-même. Il s'apprête à revêtir l'uniforme. Le match n'est qu'à 19 h 30, mais on ne perd pas facilement les bonnes vieilles habitudes.


« Guy ne te le dira pas, mais il est toujours là », me confie Claude Lavoie, l'ancien responsable du vestiaire de l'équipe visiteuse des Expos qui, maintenant âgé de 68 ans, est le « deuxième bras » de Marc Verreault, organisateur des tournées des Anciens Canadiens et des Légendes du hockey.

« Guy prend l'autobus comme les autres quand nous jouons dans les régions. Il est one of the boys. Tu peux l'écrire. Guy, c'est un vrai ! »

Quand ce commentaire vient d'un gars qui en a vu passer, des athlètes professionnels dans sa vie et, par conséquent, des caractères de toutes les couleurs, on le croit sur parole. 

Guy est un vrai. Et c'est pour ça que ce soir-là, il n'y avait pas un seul siège libre parmi les quelque 1000 places assises dans le nouvel aréna. Il y avait aussi du monde - des VIP - entassé sur la mezzanine vitrée. Tous ces gens n'attendaient que le moment de pouvoir scander « Guy, Guy, Guy », ce qu'ils ont fait quand le maître de cérémonie, Rodger Brulotte, l'a présenté avec sa verve habituelle. 

Invité au micro, Lafleur a commencé par remercier tous les organisateurs et participants, mais a conclu de manière sympathique en demandant à ses adversaires d'un soir de « laisser des chances » à son équipe ! 

Puis, ce qui devait arriver arriva : les Anciens Canadiens ont donné tout un spectacle. « Une chance que les gars se retiennent un peu », a fait remarquer entre deux périodes Patrice Veillette, l'un des 17 joueurs de l'équipe hôtesse qui ont versé 1250 $ à la cause pour obtenir le privilège d'affronter les Anciens Canadiens.


« Leur rapidité d'exécution est impressionnante, a-t-il ajouté. S'ils le voulaient, Stéphane Richer et Donald Audette garderaient la rondelle sur leur bâton pendant toute la soirée. »

Répandre du bonheur

Mais c'est Lafleur qui fait courir les foules. À 57 ans, il se donne encore à son public. Comme à ses plus belles années. Bien sûr - et il sera le premier à le reconnaître - la vitesse n'est plus là, mais le bonheur d'être sur la patinoire lui décroche un sourire qu'il ne perd pas de la soirée. De plus, sa vision du jeu et ses mains rappellent qu'il a totalisé 560 buts et 1353 points en 1127 matchs dans la LNH.

« C'est sûr qu'on le fait pour la cause, mais on le fait aussi pour faire plaisir à ces parents qui parlent de nous à leurs enfants qui ne nous ont jamais vu jouer. C'est peut-être une source de motivation que de montrer que, pour nous, jouer au hockey est un jeu et non pas un travail », répond Lafleur quand on lui demande ce qui explique sa présence au sein de cette équipe. 

« On le fait aussi pour le plaisir de jouer et d'être ensemble, ajoute-t-il. C'est le fun de retrouver les boys. Je compare ça à des militaires. Quand on va à la guerre ensemble, il y a des amitiés qui se créent pour la vie. »

Et quand on assiste à un match des Anciens Canadiens, il peut y avoir des souvenirs qui restent pour la vie. Une photo, un autographe, un arrêt, un but ou une simple poignée de main d'un de ces anciens joueurs qui nous ont si dignement représentés au fil des années.

2000 $ pour pouvoir agir comme entraîneur 

Daniel Goyette, président des Entreprises Daniel Goyette, une entreprise qui fabrique des rampes d'escalier, des balcons, des portes et des fenêtres dans la région de Lanaudière, a contribué à sa façon à la collecte de fonds pour le nouveau Complexe sportif du Collège L'Assomption. Il a offert 2000 $ pour être l'entraîneur de l'équipe des Anciens Canadiens !

« J'ai étudié pendant trois ans au collège, raconte M. Goyette. Alors, quand Johanne, l'épouse de Richard Sévigny, m'a proposé cette opportunité, j'ai dit oui tout de suite. »

« Tout s'est déroulé de façon très amicale, a-t-il ajouté. Ce sont des gens simples et j'ai eu droit à tout un privilège. « Puis, a conclu M. Goyette à la blague, Guy Lapointe m'a bien secondé derrière le banc. »

Le premier trio des Anciens Canadiens, formé de Stéphane Richer, Normand Dupont et Guy Lafleur, a rapidement donné l'avance à son équipe. Le reste n'était que pure formalité.


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