« À 16 ans, je n'ai pas été repêché junior, se souvient Gorges. Je ne pesais à l'époque que 165 livres. J'ai néanmoins eu la chance d'être invité par l'équipe de ma ville natale, les Rockets de Kelowna [WHL], et je l'ai saisie.
« Depuis que je suis jeune, on me dit que je suis trop petit, ou pas assez fort, pour jouer au hockey. Je suis un gars extrêmement compétitif, qui déteste perdre. J'ai donc toujours travaillé fort pour en être rendu là »
Gorges l'avoue sans détour : il a pensé demander une transaction à ses premiers moments avec le Canadien. Obtenu le 25 février 2007 des Sharks de San Jose, en compagnie d'un choix de deuxième tour - qui allait devenir Max Pacioretty - en retour de Craig Rivet, il n'a vu que très peu d'action à sa première année complète à Montréal. « Je me souviens que, l'année dernière, on m'a retranché de la formation dans environ 20 des 30 premiers matchs, rappelle le défenseur de 24 ans. Je me demandais vraiment ce qu'il adviendrait de moi. Je me demandais si j'étais à la bonne place. Puis, Guy a commencé à faire appel à mes services. Et plus il me faisait confiance, plus je me faisais confiance moi-même. Ça va ensemble... »
Le point tournant
Gorges se souvient même du point tournant de sa dernière saison, et même, sans doute, de sa carrière. « On jouait à Tampa Bay. Vincent Lecavalier et Martin St-Louis s'en venaient à deux contre un. J'ai intercepté la passe de Lecavalier et relancé l'attaque. En arrivant au banc, les gars m'ont félicité. C'est là que je me suis dit je suis capable. Et depuis, je n'ai pas ralenti. »
Le natif de Kelowna a donc commencé à prendre confiance présence après présence, match après match. Il fait aujourd'hui partie de la première paire à être envoyée par Carbonneau lorsque le Canadien se défend à court d'un homme, en plus de voir de plus en plus d'action sur l'avantage numérique.

Gorges s'est d'ailleurs fixé un objectif bien précis pour 2009. « Il y a toujours place à amélioration, note-t-il. Mais moi, je veux surtout tirer davantage au filet, me faire plus confiance à ce sujet. Surtout sur l'avantage numérique, il faut que je décoche mon tir plus rapidement, que je prenne des chances. »
Ce n'est sûrement pas le jeu de puissance du Canadien (27e dans la LNH) qui va s'en plaindre...
Se concentrer sur ses forces
Au moment de mettre sous presse, Gorges montrait un dossier d'un but et six aides en 38 matchs. Son différentiel de +16, le meilleur du CH, le plaçait au 13e rang dans la ligue, à égalité avec neuf autres joueurs.
« C'est un devoir que je m'impose de bien jouer défensivement, souligne le numéro 26. Après tout, c'est ce qu'un défenseur doit faire ! La production offensive, c'est un boni. Moi, je veux déranger l'adversaire, travailler fort et tenir les attaquants adverses en échec. Tout ça, en me concentrant sur mes forces, qui sont l'intelligence et la vitesse. Je ne dois pas chercher à jouer de façon robuste, ce n'est pas ma game... »
Un honneur mérité...
Gorges fait bien de parler de son jeu défensif, qui commence à être reconnu aux quatre coins de la LNH. D'ailleurs, dans le dernier numéro de Hockey Le Magazine, Dany Dubé et son équipe d'experts, composée d'Elliotte Friedman, Louis Jean, James Murphy et Jocelyn Thibault, ont placé Gorges au troisième rang du Top 10 défenseurs défensifs, derrière son coéquipier Mike Komisarek et Willie Mitchell (Vancouver). « Wow ! Je ne savais pas ça », a-t-il dit, sourire aux lèvres, lorsque nous l'avons mis au courant de la nouvelle. « C'est un bel honneur. Je regarde jouer les bons défenseurs défensifs de la LNH, dont Mike, et j'essaie de les imiter. C'est l'fun de voir que ton travail est reconnu. Je vais essayer de continuer ainsi. »
Malgré le récent succès qu'il connaît, Gorges demeure humble et concentré. Il a tellement travaillé fort pour atteindre le sommet de la montagne que, maintenant, il va tout faire pour y demeurer.
Un contre un avec Josh Georges
