Directeur général : Stan Bowman
Conseillers spéciaux : Pat Burns, Jacques Demers
Première étape, se trouver un directeur général digne de ce nom. Facile, il n'y en a qu'un seul à avoir vu le jour au Québec dans la LNH : Stan Bowman, le fils de Scotty. Stan est né à Montréal, en juin 1973, et a été nommé au poste de directeur général des Blackhawks de Chicago le 14 juillet dernier, en remplacement de Dale Tallon.
Il pourrait profiter des judicieux conseils de Pat Burns et Jacques Demers, deux anciens entraîneurs de la LNH qui ont déjà remporté la coupe Stanley. Ces derniers camperaient le rôle de consultants spéciaux. Burns et Demers ont des contacts aux quatre coins de la ligue et sauraient évaluer adéquatement le travail des prétendants à Équipe Québec.
Entraîneur : Jacques Lemaire
Adjoints : Alain Vigneault, Mario Tremblay
Afin de diriger son équipe, Stan Bowman n'aurait d'autre choix que de se tourner vers Jacques Lemaire, deux fois récipiendaire du trophée Jack-Adams. L'ancien du Canadien, des Devils du New Jersey et du Wild du Minnesota est un entraîneur juste, exigeant et méticuleux, qui sait comment obtenir le meilleur de chacun de ses joueurs.
Lemaire serait secondé par les vétérans Alain Vigneault et Mario Tremblay qui ont, eux aussi, fait leurs preuve dans le circuit.
Tous ces gros noms du hockey auraient la lourde tâche de choisir les bons joueurs pour Équipe Québec. Quelques choix déchirant seraient à prévoir, si on respecte le total des 13 attaquants, 7 défenseurs et 3 gardiens de but.
Lorsqu'on analyse l'attaque, on constate qu'Équipe Québec pourrait très bien être commanditée par le fromage P'tit Québec ! En effet, seulement 5 des 13 attaquants mesurent plus de six pieds, soit Vincent Lecavalier (6 pi 4 po), Patrice Bergeron (6 pi 2 po), Derick Brassard (6 pi 1 po), Jean-Pierre Dumont (6 pi 1 po) et Alex Tanguay (6 pi 1 po). Et, ce qui est inquiétant, c'est qu'aucun de ces grands bonshommes, omis Lecavalier, ne pratique un style de jeu physique. L'attaque du Québec serait donc petite et frileuse.
La ligne du centre serait néanmoins très talentueuse, avec Paul Stastny, Mike Ribeiro, Derick Brassard et Patrice Bergeron. Voilà pourquoi on se doit de muter à l'aile les joueurs de centres naturels Vincent Lecavalier, Daniel Brière (qui joue à l'aile à Philadelphie), Antoine Vermette et Pierre-Marc Bouchard, le 13e attaquant du club. À noter que Stastny portera les couleurs de l'équipe américaine lors des prochains Jeux olympiques, lui qui a vécu toute sa vie aux États-Unis après avoir vu le jour à Québec, le 27 décembre 1985.
Stastny pivoterait le premier trio en compagnie de Lecavalier et Martin St-Louis, qui ont fait leurs preuves ensemble à Tampa Bay. Ces deux derniers savent comment se trouver sur la glace et pourraient complémenter à merveille un passeur de la trempe de Stastny. Lecavalier à l'aile ? Eh oui, une position qu'il devrait même retrouver au sein de la prochaine équipe canadienne, aux Olympiques.

Le deuxième trio serait également mené par un passeur hors pair, Mike Ribeiro, qui a amassé 56 aides à chacune de ces deux dernières saisons. Ribeiro serait flanqué d'un autre duo jouant pour la même équipe, Simon Gagné et Daniel Brière, des Flyers. Gagné et Brière ont été éprouvés par les blessures ces dernières années, mais lorsqu'ils sont en santé, ils sont capables de récolter près d'un point par match.
Derick Brassard, Alex Tanguay et Jean-Pierre Dumont formeraient la troisième unité. On a passé bien près d'ignorer Tanguay, qui connaît un début de saison affreux à Tampa Bay. Mais par respect pour ses services rendus depuis ses débuts dans la LNH et ses talents de passeur, on lui a donné un laissez-passer. Même chose pour Dumont, qui a raté le plus clair du début de saison en raison d'une commotion cérébrale. Pour ce qui est de Brassard, le meilleur est à venir dans son cas, lui qui a réussi 25 points en 31 matchs la saison dernière.
Trio défensif
Finalement, le trio défensif serait composé de Patrice Bergeron, Antoine Vermette et Jason Pominville, qui a la double citoyenneté canadienne et américaine. Bergeron est employé à toutes les sauces par Claude Julien à Boston et, malgré son jeune âge (24 ans), il est très fiable défensivement. Il saurait maîtriser les meilleurs éléments de l'équipe adverse. Vermette, lui, est habitué de jouer au centre depuis ses débuts dans la LNH, en 2003-2004. Il fait partie des excellents patineurs de la ligue et possède un sens d'anticipation supérieur à la moyenne, ce qui lui permet d'être excellent défensivement. Il saurait s'ajuster à l'aile. Pour ce qui est de Pominville, on le connaît surtout pour ses qualités offensives, mais il évolue aussi sur la deuxième unité de désavantage numérique à Buffalo.
DÉFENSEURS
Stéphane Robidas
|
Marc-Édouard Vlasic
|
François Beauchemin
|
Kristopher Letang
|
Bruno Gervais
|
Alexandre Picard
|
Jason Demers
|
Aussi considérés : Mathieu Roy et Marc-André Bergeron
La défense serait sans aucun doute le point faible de l'équipe. En plus d'être inexpérimentée, elle compterait sur un joueur qui a eu de la misère à s'implanter dans la LNH (Alexandre Picard), un autre qui est parfois écarté de la formation des Islanders (Bruno Gervais) et une verte recrue dont on n'attendait rien avant le début de la saison (Jason Demers).
C'est donc dire que seuls Stéphane Robidas, Marc-Édouard Vlasic, François Beauchemin et Kristopher Letang sont réellement des défenseurs établis dans la LNH. Et, du lot, seul Beauchemin est reconnu pour son jeu robuste. L'attaque et la défense d'Équipe Québec renfermeraient donc les mêmes carences à ce niveau.
Pour ce qui est de la taille, les défenseurs seraient dans la norme, avec Robidas à 5 pi 11 po, Beauchemin et Letang à 6 pi, Vlasic, Gervais et Demers à 6 pi 1 po et Picard à 6 pi 3 po. Pas certain cependant que cela serait suffisant pour stopper les puissants Russes, Ovechkin, Malkin et Kovalchuk en tête, ou encore les Canadiens, avec Iginla, Nash et Heatley !
Avec les paires Robidas-Beauchemin et Vlasic-Letang, l'unité d'avantage numérique du Québec serait quand même bien nantie, surtout que Beauchemin et Letang sont capables de la mettre dedans comme on dit en bon québécois !
Mathieu Roy, des Blue Jackets de Columbus, et Marc-André Bergeron, du Canadien, terminent huitième et neuvième défenseurs dans notre évaluation.
GARDIENS DE BUT
Marc-André Fleury
|
Martin Brodeur
|
Roberto Luongo
|
Aussi considérés : Pascal Leclaire, Jean-Sébastien Giguère, José Théodore et Martin Biron
Marc-André Fleury, Martin Brodeur et Roberto Luongo seraient nos gardiens de but. Dans cet ordre svp !
Depuis deux saisons, Fleury est le meilleur Québécois, lui qui a participé aux deux dernières finales de la coupe Stanley, remportant celle de 2009 avec les Penguins de Pittsburgh. Il a fait taire ses dénigreurs au fil des années, qui le disaient trop inconstant et trop imprévisible devant son filet. Le natif de Sorel est aujourd'hui régulier comme une horloge suisse, comme le démontre son excellent début de saison.
Fleury serait secondé par Martin Brodeur, qui ne semble pas encore avoir retrouvé sa pleine confiance à la suite de sa blessure au biceps et de sa tenue contre les Hurricanes de la Caroline lors des dernières séries éliminatoires. Brodeur demeure cependant l'un des meilleurs gardiens de but de l'histoire et il répond généralement présent lorsque la pression est au rendez-vous.
Un autre Québécois qui a connu des dernières séries éliminatoires et un début de saison difficile est Roberto Luongo. Bourré de talent, Luongo a encore des choses à prouver dans la LNH, comme celle de gagner des matchs importants, lui qui présente une fiche de 11-11 en 22 rencontres éliminatoires.
Avec un trio Fleury-Brodeur-Luongo, le Québec serait en voiture et n'aurait rien à envier aux puissances mondiales, dont le Canada, qui devrait maintenant se tourner du côté de Cam Ward, Steve Mason et, peut-être, Carey Price.
En fait, le Québec aurait l'embarras du choix entre les poteaux, puisque Pascal Leclaire, Jean-Sébastien Giguère, José Théodore et Martin Biron seraient également de bons candidats.
Avec des gardiens de but dominants...
C'est donc dire qu'Équipe Québec 2010 aurait les caractéristiques suivantes : de petits joueurs, une ligne de centre talentueuse, beaucoup de profondeur en attaque, une défense inexpérimentée et un trio de gardiens de but solide. Mais serait-ce assez pour tenir têtes aux puissances mondiales comme le Canada, la Suède et la Russie ?
Peut-être pas mais, chose certaine, notre formation fleurdelisée serait capable de faire belle figure sur la scène internationale. Comme on sait, tout part de la situation devant le filet...