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Une référence pour le développement du hockey d'ici

10 décembre 2009

Confronté par un ami qui lui demandait de lui prouver que les Québécois ayant disputé plus de 200 matchs dans la LNH n'étaient pas aussi nombreux qu'on le pense, Bob Sirois a dû consacrer ses temps libres à relever ce défi pendant trois longues années.

Son constat ? Depuis 1970, soit au cours des 40 dernières années, seulement 176 Québécois francophones ont disputé 200 matchs ou plus dans la LNH, soit l'équivalent de trois saisons environ.

De plus, l'auteur nous informe que des 763 joueurs ayant été repêchés durant cette période, seulement 323 ont 
disputé au moins un match dans la LNH.

Voilà les premiers chiffres qui sautent aux yeux quand on consulte Le Québec mis en échec. Dans cet ouvrage de quelque 276 pages, il y en a des milliers d'autres pour satisfaire le plus vorace appétit des amateurs de statistiques ou pour donner une indigestion de chiffres aux lecteurs moins avertis.

Mais qu'on aime ou non sa présentation, ce document demeure une référence pour quiconque veut suivre l'évolution des hockeyeurs québécois dans la LNH et la place qu'ils y ont pris au cours des 40 dernières années.

Ce dossier est le plus étoffé jamais publié sur le sort des joueurs québécois dans la LNH. Ces chiffres compilés et publiés pour la première fois lui permettent d'aborder la délicate question de la discrimination des dirigeants de la LNH à l'égard des hockeyeurs québécois.  

« J'expose des chiffres et des tableaux de la façon la plus objective possible, indique Bob Sirois. Ils démontrent qu'à moins d'être un hockeyeur exceptionnel, le hockeyeur francophone ne peut pas espérer avoir une longue carrière dans la LNH, car pour remplir les trous au sein de leur formation, les dirigeants vont toujours - et c'est normal - préférer un Canadian. »

Comme une autre nation 

L'auteur croit également que cette théorie est applicable aux hockeyeurs d'autres nations comme la Suède, la Finlande, la Russie et la République tchèque pour ne nommer que celles-là. « Et aussi à ceux des États-Unis, ajoute-t-il. D'ailleurs, attendez que les dirigeants du hockey américain s'y mettent : les dirigeants canadians des équipes américaines ne pourront plus embaucher un des leurs pour remplir un trou au sein d'un troisième ou d'un quatrième trio, car le gouvernement des États-Unis ne lui émettra pas son permis de travail. Les joueurs exceptionnels auront toujours leur place, mais des plombiers, les États-Unis peuvent en produire autant que des Canadians pour remplir les équipes de leur pays. »

Bob Sirois accordera d'ailleurs une quinzaine de pages à cette théorie dans la version anglaise qui pourrait s'intituler America is bodychecked. 

« Il y a 400 000 Canadiens anglophones qui pratiquent le hockey et ils forment 55 % des joueurs actuels de la LNH. Aux États-Unis, il y a 500 000 Américains qui pratiquent le hockey et ils comptent pour seulement 19 % des joueurs de la LNH. Ils sont à la veille de réagir... »  

Qui est l'auteur ?

À la lecture de Le Québec mis en échec, on peut être porté à croire que Bob Sirois a un agenda politique derrière son document. Qu'en est-il ?

« Je suis un Franco-américain. Mes parents sont américains, toute ma famille immédiate est des États-Unis. Je ne suis pas séparatiste ni fédéraliste. J'ai juste la fibre patriotique et je suis fier de mes origines. C'est pour ça que j'ai fait cet ouvrage. 
Et pour démontrer noir sur blanc que les Québécois francophones sont victimes de discrimination par rapport aux Canadiens anglophones dans la LNH. Je ne parle pas de racisme, mais bien de discrimination. »

Bob Sirois a joué plusieurs saisons dans la LNH avec les Flyers de Philadelphie et les Capitals de Washington. Il a amassé 212 points en 286 matchs dans la LNH et pris part au Match des étoiles de la LNH en 1978. Il a terminé sa carrière de joueur en Europe, avant de revenir à Montréal où il a été agent de joueurs pendant cinq ans comme partenaire de Gilles Lupien.

Avec tout ce bagage de connaissances, Bob Sirois avait une foule d'indices lui permettant de croire que les Québécois francophones étaient désavantagés par rapport aux hockeyeurs anglophones du Canada. 

Les chiffres qu'il a compilés à cet égard l'auront convaincu de cette affirmation.

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